La fraternité maçonnique authentique converge sur un dénominateur commun : le sens de la sacralité.

Thème à l’étude des Loges du Convent 6024

Ce thème est tiré d’un ouvrage intitulé QU’EST-CE QUE LA FRATERNITÉ MAÇONNIQUE ? Collection DERVY 2023. Le Conseil de l’Ordre a donc choisi une citation d’un contemporain : Marc Halevy, né le 03 mai 1953 (il a donc 71 ans), un initié de la Grande Loge Nationale de France à l’Orient de Mons.

En réalité, il s’agit d’un fervent détracteur de toutes obédiences qui ne relèveraient pas de la GLUA.

Néanmoins, le choix de ce thème reste pertinent car nous allons au-delà de toute considération personnelle ou intolérance injustifiée en prenant en considération la phrase d’un érudit que nous considérons malgré tout comme un FF.

Qu’est-ce que la fraternité maçonnique ?

Le mot fraternité vient du latin « fraternitas » qui signifie lien de parenté entre frère. C’est un mot très largement cité en loge, et c’est une valeur fondamentale des francs-maçons. C’est un sentiment de solidarité et de responsabilité mutuelle entre plusieurs personnes, à se porter secours, à s’entraider tout en respectant la dignité des individus.

Lors de l’instruction du candidat à l’initiation, il est dit que la Franc-maçonnerie recommande tout ce qui peut rapprocher les membres, bannit tout ce qui peut les diviser ; elle cherche à développer chez eux des sentiments d’affection et de dévouement fraternel qui constituent le lien le plus puissant entre tous les francs-maçons du globe.

Sa force réside uniquement dans la valeur morale et intellectuelle de ses membres et dans la discipline volontaire qu’ils savent s’imposer eux-mêmes.

Le sage dit parfois : « On choisit ses amis, on ne choisit pas ses frères. » Si, dans la vie matérielle, être « frère », c’est avoir des parents communs, le franc-maçon va au-delà en constituant une communauté ayant des valeurs partagées comme des projets de construction, une pratique, une conviction, un langage, une intention, un héritage et, par-dessus tout, une morale.

Le Grand Rite Malgache accomplit le vœu des fondateurs de la franc-maçonnerie : assembler les volontés qui, sans elle, serait restées isolées et, par conséquent impuissantes, riche de la diversité des valeurs qui l’édifient, la Franc-Maçonnerie doit, pour assurer la fécondité de son action, maintenir sa cohésion ainsi que celle des maillons qui la compose.

Ainsi, le lien fraternel maçonnique n’est pas clanique ni fondé sur l’intérêt et la complaisance mutuels, mais initiatique, c’est-à-dire fondé sur l’expérience commune d’une « mort » et d’une « renaissance ».

Qu’entend-on par fraternité maçonnique authentique ?

Le mot « authentique » vient du mot grec « authentikos », signifiant « qui constitue une autorité absolue » et l’autorité absolue est celle qui est vraie, non falsifiée et conforme aux faits. Les synonymes d’authentique sont : inattaquable, avéré, indéniable, réel et sûr ….

La fraternité dite « authentique » n’a rien à voir avec ce que l’on nomme parfois « connaissance », « copinage », « passe-droits », « prébendes », « magouilles », « privilèges ». L’affairisme, l’arrivisme, le petit jeu des renvois d’ascenseur, l’esprit de clan peuvent se cacher derrière une prétendue parenté intellectuelle, derrière le mythe d’un humanisme partagé.

La fraternité maçonnique « authentique », pour qu’elle soit réelle et avérée, doit être vécu dans nos paroles, nos pensées, et nos actes avec les initiés en cultivant l’amour fraternel…

L’expression fraternité authentique pourrait néanmoins être remplacé par celle de fraternité universelle. En effet, dire qu’il y a une fraternité authentique suggère l’existence au sein de notre obédience, d’une fausse fraternité, ce qui amène à des préjugés ou à des aprioris qui n’a pas sa place dans notre mouvement. Mais la notion d’ « authentique » n’est pas une figé, elle peut être progressive. Nous devenons de plus en plus authentiques parce que nous progressons.

Appeler un autre homme son frère, si cette appellation se veut sincère, c’est lui signifier que l’on est prêt non seulement à l’accepter tel qu’il est, mais aussi à le faire participer à notre être et à notre propre cheminement.

La fraternité maçonnique authentique converge sur un dénominateur commun : le sens de la sacralité. Et la sacralité est loin d’être ce que l’on croit…’’.

Quel est donc le vrai sens de la « sacralité » ?

L’approche étymologique de l’adjectif latin « sacer » veut dire ne peut être touché sans être souillé ou sans souiller.

Le « sacré » est ce qui appartient à un domaine interdit et inviolable. Le sacré est l’opposé du profane. Le « sacré » est également ce qui est digne d’un respect absolu, à l’exemple du lieu sacré ou du droit sacré.

Un franc-maçon entre dans un lieu sacré chaque fois qu’il pénètre dans un Temple maçonnique qui est une représentation de l’Univers parfait tel que l’a conçu le G.A.D.L.U. A son origine, seuls les prêtres Lévites, donc à la fois un descendant de Lévi, le fils cadet de Jacob (Israël) et consacré prêtre, pouvait pénétrer dans la chambre de l’arche de l’alliance situé au centre du temple de Salomon. La Bible récite que tout autre individu ayant tenté de profaner ce lieu décède sur le coup.

Mais la notion de sacré ne doit pas s’arrêter à des considérations religieuses ou spirituelles. Le GRM étant une confédération de rite, il regroupe plusieurs modes de pensées allant du rite christique, prenant en considération la protection de la religion chrétienne comme sacré, jusqu’au rite considérant la liberté absolue de pensée comme sacré.

En effet, un certain nombre de facteurs contribue à la sacralité : le secret (la discrétion, qui se perd de plus en plus actuellement) – la conscience – l’Amour ou même l’envie d’aller plus haut et de trouver l’égrégore. Même le langage utilisé est sacré en loge puisqu’il est différent de tout langage utilisé dans le monde profane. La notion de sacré peut donc être différente d’un franc-maçon à un autre et chacun doit respecter toutes les considérations afin de ne pas profaner le sacré chez l’autre.

La fraternité maçonnique authentique se base sur le sens de la sacralité, allant au-delà des simples liens de parenté pour partager des valeurs sacrées. Ce concept transcende les simples interactions humaines pour toucher à une dimension plus profonde et spirituelle.

Les valeurs maçonniques prônent de pratiquer la vertu et de fuir les vices. Ces valeurs demeurent utopiques et trouvent leur sens justement dans cet utopisme, un idéal vers lequel on tend. Donner un sens sacré à la fraternité revient à lui revêtir d’un habit coercitif. Le sacré entraine en effet son lot de rituel, de vénération, d’ascèse de dogmes et d’interdits. Le sacré demeure à priori hors de portée des profanes et ne pourrait être porté au dehors.

Comment ferons-nous alors dans la cité ? Cet habit coercitif de la sacralité peut être pesant et lourd à porter. L’histoire millénaire du christianisme nous montre les limites de la coercition. Dans la recherche de la lumière, les voiles du sacré s’effeuillent et laisse apparaitre la réalité. Cette réalité peut effectivement revêtir des habits rédhibitoires tels le copinage et le passe-droit. Mais elle peut aussi revêtir d’habits vertueux tel le vrai, la spontanéité ou la franchise. Être frère, dans le contexte socio culturel d’une grande réserve émotionnelle (dire rarement non) à Madagascar gagne à être simplifiée. Cette simplification ne veut pas dire vulgarité mais elle part d’un principe simple et connu de tous : La règle d’or ‘’ Traite les autres comme tu voudrais être traité’’. Ainsi, l’essence de la fraternité maçonnique peut fructifier dans le monde profane puisqu’il s’agit d’un précepte accessible à tous.

L’une des premiers devoir du franc-maçon est de considérer l’individu comme sacré en premier lieu. Quand l’individu est sacré, il respecte tous les hommes, quel que soit la race, la religion ou le genre.

C’est là que la méthode maçonnique trouve son sens : nous sommes ici pour tailler nos aspérités et construire notre temple intérieur. Le maniement des outils à notre disposition nous permet de lier le profane au sacré. La franc-maçonnerie, dans son ésotérisme ne se substitue pas au sacré mais constitue son complément et nous aide dans nos choix de considération. Elle ouvre une nouvelle voie à la recherche du sens que nous voulons donner à notre vie. Cette quête individuelle est mise à l’épreuve à chaque fois que nous venons en loge par les coups de maillets des idées et des contributions de nos frères. La méthode maçonnique ritualisé se sacralise car elle reste immuable : nous sommes ici pour écouter et entendre, partager et parler dans le respect que nous souhaitons mériter par nos gestes, nos rectitudes et nos actes.

Dans le contexte maçonnique, la sacralité représente un respect profond pour les valeurs universelles et les principes qui guident la vie des frères, ainsi que les rituels et symboles qui structurent leur quête initiatique.

Cette fraternité vraie et sincère se manifeste par des actions et des attitudes qui renforcent la solidarité, promouvant ainsi une croissance spirituelle et morale de ceux qui la pratiquent.

Authentique et non falsifiée, la fraternité maçonnique est un idéal vécu par un engagement moral et spirituel. Bien au-delà de toute organisation profane, les Frères maçons sont liés par une promesse de s’améliorer et de porter les vertus exemplaires parmi les autres hommes, incarnant respect, discrétion et service désintéressé ; c’est ce qui confirme le caractère « sacré » de notre fraternité. Elle doit être ainsi placée sur la plus haute échelle de nos propres valeurs.

Cette sacralité confère à la fraternité maçonnique une dimension transcendante où chaque FF reconnaît et honorer la présence du sacré dans l’autre. Cette reconnaissance mutuelle permet de tisser des liens basés sur la confiance, le respect et une compréhension partagée des enjeux spirituels.

Dans notre recherche de vérité, en tant que Frères Maçons, nous devons œuvrer dans cette ambiance de fraternité authentique, afin d’apporter notre pierre dégrossie et polie a la construction du temple de l’humanité. La sacralité devient ainsi le socle sur lequel repose l’authenticité de notre fraternité, unissant les frères maçons dans une aspiration commune à une élévation spirituelle et morale.

Le thème à l’étude du convent semble être un rappel à l’ordre à certains FF. qui semblent avoir perdu cette notion de “sacré”. Un rappel aux FF. De respecter leurs engagements qui sont sacrés.

Pour conclure, le sens de la sacralité est effectivement un dénominateur commun vers lequel doit tendre toute fraternité maçonnique se disant authentique. Mais pour que cette “fraternité sacrée” revêt réellement son sens, elle doit être vécue et travaillée par : L’assiduité aux travaux, l’amélioration de soi en s’appuyant sur une fraternité saine et authentique, le travail sur soi, sur ses préjugés et aprioris, sur ses ambitions démesurées, sur sa propre spiritualité, et enfin l’apport désintéressé aux plus faibles et aux démunis…

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